Vie économique

Territoire rural, l’ agriculture a façonné les profils paysagers contemporains. Aujourd’hui encore, l’agriculture concerne 757 personnes, soit 23% des emplois indépendants et 6% de l'emploi total du Pays des Collines. Malgré les évolutions qu’a subit ce secteur d’activités ces dernières années, elle demeure une pourvoyeuse d'emplois non négligeable. L’entité Ellezelloise a maintenu son nombre d'agriculteurs (+/- 190 emplois). Les autres communes du Parc ont subi une plus nette régression sur la même période (près de 20% de leurs agriculteurs en moins). Le paysage, élément clé du cadre de vie, si important dans un Parc naturel, doit son cachet, sa personnalité, à l'agriculture ainsi qu’à la façon dont elle est gérée et dont elle évolue. A tel point qu'en milieu rural, tout le monde devrait se sentir concerné par l'agriculture et son devenir.

Le relief particulier des Collines, avec ses plans pentus, ses fonds humides, ses nombreux ruisseaux et bosquets, a retardé plus longtemps qu'ailleurs la constitution de grandes parcelles et de grosses unités d'exploitation. 70% des exploitations se situent sous la barre des 50 hectares, et les grosses exploitations d'au moins 80 hectares sont marginales.

Paysage du Parc naturel du Pays des Collines Les céréales , malgré une dynamique de marché défavorable restent la principale spéculation, avec plus du quart des surfaces.

La culture des plantes industrielles est presque exclusivement dédiée aux betteraves sucrières , les sols lourds de la région permettant un bon rendement. La pomme de terre constitue une spéculation plus risquée, sans garantie de prix ni limitation de production. Sa proportion dans l'ensemble s'est stabilisée autour de 7%. Les «autres cultures» représentent un faible pourcentage. Elles concernent essentiellement des cultures de légumes pour la transformation industrielle (75 hectares à Frasnes et 21 à Mont de l'Enclus). Les prés et prairies, avec les cultures fourragères représentent presque la moitié de la surface agricole utile. C'est le corollaire d’une orientation basée sur l’élevage bovin de la région.

Le nombre de bovin approximativement de 37.000, soit une moyenne de plus de 60 bêtes par exploitation concernée. Le nombre de vaches avec veau au pis, consacrées exclusivement à la production de viande , augmente au détriment de celui des vaches pour la traite et la production laitière. C'est la conséquence directe de la politique des quotas laitiers. La production de porcs est concentrée sur l’entité frasnoise. Il en va de même pour les poulets à Ellezelles et de façon encore plus marquée à Mont de l'Enclus.

Elevage de porcs Elevage de bovins Elevage de bovins


La production agricole de cette région n'a pas généré un secteur para agricole ou agroalimentaire proportionnel à son importance, loin s'en faut. Aucune laiterie, aucune entreprise de transformation de la viande n'existe sur le territoire. Depuis la cessation d'activités de la sucrerie de Frasnes, seuls les Engrais Rosier rayonnent au-delà des frontières du Pays des Collines.


Brasserie "La Frasnoise" Il existe néanmoins de nombreuses PME qui occupent au moins 5 travailleurs, et beaucoup d'indépendants employant peu ou pas de personnel. Ainsi, outre les divers commerces, des activités telles que l'imprimerie ou la brasserie (trois sont désormais en activité) subsistent et se développent. Les filatures, fortement présentent jusqu’à la moitié du XXième siècle ont intégralement disparues.

La région, marquée par un artisanat de qualité, est réputée pour ses nombreux producteurs qui évoluent dans les domaines les plus divers. Ainsi, certains se sont spécialisés dans la production de produits laitiers, de miel, de charcuterie, de liqueurs, de chocolat, et même de produits à base de lait d'ânesse (Asinerie de Frasnes).

Asinerie du Pays des Collines Depuis la reconnaissance du Parc, la transformation des matières premières fermières via l’ artisanat essentiellement connaît un accroissement considérable. Il en est de même pour les gîtes et restaurants qui bénéficient de la politique touristique menée sur la région.

Aujourd'hui, le Pays des Collines compte plus de 10.000 salariés, tandis que le nombre d'indépendants avoisine les 3400 (chiffre repris sans les trois villages de l’entité d’Ath). On observe sur ce territoire une augmentation de la population civile active totale. En même temps, on constate une diminution sensible de l'emploi dans les quatre communes rurales.

Il en résulte un déséquilibre du marché local de l'emploi. Heureusement, ce n'est pas par le chômage que l'équilibre se rétablit mais plutôt par un accroissement des déplacements quotidiens de navette domicile-travail (vers la région bruxelloise essentiellement et vers la région flamande). Dans cette optique, l'ouverture de l'autoroute A8 a constitué un atout très important, mais force est de constater un manque de disponibilité des transports en commun. Il est à remarquer également que les emplois perdus sur le territoire se situaient notamment dans le secteur textile qui occupait un bon nombre de femmes. L'extension du secteur des services marchands ou non-marchands propose, heureusement, bon nombre d'emplois aux femmes, mais ne dispense pas celles-ci d'une navette quotidienne parfois longue.

Le taux de chômage de ce territoire reste inférieur au taux wallon et même à celui de Tournai, mais supérieur à celui de la Flandre voisine.

Le défi économique pour le Pays des Collines est de favoriser un développement durable au départ du tourisme, de la culture, des produits du terroir. . .